Pourquoi nous n'avons pas réagi à l’annonce du changement d’algorithme de Facebook

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Lorsque le 12 janvier dernier, Mark Zuckerberg annonce qu’il compte favoriser les publications des amis sur celle des pages, c’est un peu la panique sur mon fil d’actualité. Les community managers s’inquiètent. « Ca va ton engagement ? Pour l’instant... ». Et l’annonce sonne comme le début d’une série Netflix. Que va-t-on devenir si Facebook ne nous accorde plus de visibilité ?

Bingo ! Une semaine plus tard, Facebook entretient le suspense et annonce que les médias jugés crédibles seront épargnés en partie. La communauté des initiés se met alors à s’imaginer la suite. On commente, on spécule, on s’interroge… « Ce n’est pas de cette manière qu’on va lutter contre les fake news... on risque d’enfermer un peu plus les utilisateurs dans leur bulle... les effets de lobbying pour tel ou tel média vont être difficiles à contrer… » Le réseau social fait l’objet de nombreuses critiques, mais en même temps personne n’imagine devoir s’en passer.

De notre côté, cette annonce nous fait forcément réfléchir. Facebook représente entre 30 et 40 % de notre audience... Mais nous souhaitons rester dans la mesure. Ca ressemble plus à un événement parmi d’autres dans l’histoire agitée de la relation entre les médias et les GAFA. La vérité nous semble ailleurs. « Step by step », tel fut et tel sera notre cheminement !

Une communication limitée auprès de nos lecteurs

Après l’annonce du changement d’algorithme, nous imaginons un temps profiter de la situation pour amorcer une campagne de communication sur nos supports. Vous avez échappé à ça... 😹

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Entre nous, l’initiative fait débat. Les gens vont-ils comprendre ? Les lecteurs en ont-ils quelque chose à faire ? Quel est l’intérêt d’en parler sur notre site alors que ce sont nos abonnés Facebook qui sont concernés ? Vont-il changer de support pour autant ? Combien de personnes vont voir la publication et combien vont faire la démarche de cliquer sur le bouton “voir en premier” ?

Finalement nous préférons nous raviser, considérant qu’il n’y a pas de quoi céder au mouvement de panique et que la vérité est ailleurs. Au final, un message sera envoyé en natif sur Facebook. Mais personnellement, je retiens surtout cette remarque d’un abonné qui fait réfléchir sur la nature et la manière dont est diffusée l’information sur le réseau social : « Moi je trouve ça bien de privilégier les vrais amis, le problème des sites d'info c'est qu'il y a autant d'info inutiles que d'infos pertinentes et on s'y perd. Il faudrait faire des catégories ».

Rassurer et accompagner les rédactions

En interne, nous préférons rassurer ceux qui commencent à céder à la peur et au suivisme en leur expliquant que les contenus qui créeront de l’engagement auront toujours une visibilité.

Nous en profitons aussi pour rappeler aux journalistes qu’ils sont des ambassadeurs de leur journal et qu’ils ont un rôle à jouer dans la diffusion des informations et l’interaction avec leurs communautés. Au sein des rédactions, il n’y a pas de community manager. L’animation des réseaux sociaux est l’affaire de tous. Cette approche nous permet d’impliquer et de concerner un maximum de personnes.

Pour favoriser l’animation et l’engagement, nous donnons des conseils à travers des tutoriels pour réussir ses publications sur Facebook, pour créer ou animer une communauté... Nous répondons aux questions, on explique et on accompagne.

Nous suivons l’évolution du trafic

Sur les sites du groupe Centre France, le trafic en provenance de Facebook a progressé de 25 % l’an passé. De quoi susciter la plus grande attention ! Depuis le début de l’année, nous suivons donc particulièrement l’évolution de cette part importante de notre audience. Et jusqu’à présent, pas de panique à l’horizon. La courbe est stable. Chartbeat confirme d’ailleurs cette tendance à l’échelle de ses clients dont nous faisons partie.

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On ne mise pas tout sur Facebook

Nous ne sommes pas un média 100 % social et nous ne souhaitons pas le devenir. Le changement d’algorithme ne remet donc aucune en cause notre stratégie basée sur l’histoire et le savoir faire de nos journaux et notre capacité à faire évoluer nos rédactions dans un monde digitalisé avec ou sans Facebook.

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Ce postulat ne nous empêche pas d’utiliser la force du réseau social pour tenter de nouvelles expériences à travers le snack content, la vidéo, le live… Nous n’avons en revanche pas céder à la tentation de l’info facile et du buzz qui tourne partout. Nous n’écrivons pas pour Facebook mais pour nos lecteurs et en suivant notre ligne.

Si Facebook est un pourvoyeur d’audience, celle-ci reste fragile (la preuve !) et comme tout autre réseau social, il n’a ni la vocation, ni la connaissance, n’il l’approche d’un professionnel de la diffusion de l’information. Le scandale des fake news en est un bel exemple.

Il est en revanche un partenaire important dans le digital. Il nous permet de toucher une audience que nous ne toucherions pas autrement. C’est pourquoi nous souhaitons conserver des relations intelligentes avec nos interlocuteurs parisiens afin d’apprendre et d’échanger et ce n’est pas l’aide apportée à la presse locale américaine qui nous fait dire ça ;) . Cela nous permettra de ne pas nous offusquer de choix dans lesquels nous ne péserons rien de toute manière.

Rien ne sert non plus de se braquer et de ne plus poster de contenus natifs. Nous souhaitons simplement mieux réfléchir à ce que nous diffusons sur le réseau social et pourquoi nous le faisons. En développant notamment notre approche autour du brand content.

A côté de cela, on renforce notre présence sur Google en travaillant sur le référencement et on explore d'autres sources de trafic.

L’approche sociale de la plateforme nous inspire

Si Facebook a autant de succès, il le doit en partie à sa capacité à attirer l’attention et à susciter l’interaction de ses utilisateurs. A ce titre, les insights du réseau social nous fournissent des éléments importants sur le potentiel social de nos contenus à travers les commentaires, les réactions et les partages sur la plateforme. Plus que sa force de diffusion, c’est l’ADN de Facebook qui nous intéresse.

Ces éléments nous incitent à favoriser cette activité sociale en analysant ces données et en travaillant sur les angles et l’écriture de nos contenus pour qu’ils répondent aux attentes et interrogations de nos lecteurs. Le réseau social est un formidable outil de communication pour entrer en relation avec nos lecteurs et développer l’aspect communautaire généré par notre marque et nos informations. Ses fonctionnalités nous inspirent aussi.

Les groupes Facebook suscitent ainsi notre intérêt, car ils nous permettent potentiellement d’aller encore plus loin dans ce lien de proximité. Il y a quelques mois, nous avons d’ailleurs créé un groupe afin d’impliquer nos lecteurs les plus engagés dans une démarche collaborative autour de nos contenus et de nos produits.

Cette logique communautaire et sociale nous incite également à développer nos produits pour qu’ils répondent à cette demande et ces besoins.

L’annonce de Facebook ne nous inquiète pas. Elle ne fait que confirmer que nous devons rester maîtres de notre destin.