Spreadsheets + XML + cartes & graphiques = comment a-t-on couvert les élections ?

Le sujet est récurrent et les rédactions se posent souvent la même question : comment allons-nous présenter les résultats le soir des élections à venir sur le web ?

Chez Centre France, le suivi et l’affichage des résultats sur le web étaient gérés jusqu’à présent par une « cellule résultats », un petit groupe mobilisé pour l’occasion, qui compilait les tableaux reçus par les préfectures pour alimenter le soir même les pages du journal papier et du web. Ce processus ne convenait plus vraiment aux usages de 2017 pour le web - tant au niveau du délai de récupération des résultats que de l’affichage et la navigation dans ces résultats.

Les primaires, les législatives et la présidentielle ont été l'occasion de tester pas mal de choses et de faire évoluer le rendu.

De l'artisanat à l'industrie

Première étape, les primaires de la droite puis de la gauche nous ont permis de mettre en place quelques process et de voir dans quelle(s) direction(s) nous voulions aller. Pour ces premières échéances l’ensemble est resté très artisanal.
Techniquement nous nous sommes appuyés sur des spreadsheets Google qui servaient de bases à des graphiques installés dans la page et un tableau triable et filtrable.

primaires

Cette première expérience a surtout été l’occasion de sensibiliser les journalistes à l’utilisation des tableurs Google. Le rendu, un peu austère on l’avoue, avait le mérite de donner une info complète et localisée pour chaque bureau de vote et c’est bien le plus important !

Deuxième étape, le passage à l’industriel. Nous avions jusqu’alors l’habitude de nous appuyer sur les chiffres données par les préfectures de nos zones de diffusions. Pour la présidentielle et les législatives et comme il le fait désormais pour chaque élection, le Ministère de l’Intérieur met en place un serveur dans lequel sont stockés les résultats dans un format réutilisable, ici le XML.

Plusieurs facteurs nous ont poussé à les utiliser, en complément de nos méthodes historiques.
D'abord, les préfectures devaient faire valider les chiffres auprès du ministère ce qui ralentissait le recueil des résultats par cette voie.
Ensuite, nous voulions cette fois-ci les résultats de l’ensemble des communes françaises avec un traitement automatisé.
Enfin, le tout a été pris en main par notre équipe de développeurs qui a branché tout ça sur notre système.

«Il est 20h, voici les premières estimations»

Les soirs d’élections, nous avons mis en place un moteur de recherche pour retrouver les résultats de chaque commune française.

Chaque commune avait droit à une page spécifique avec graphiques en barre et cartes - par exemple à Aurillac pour le 1er tour des législatives.

Sur le terrain, des journalistes dans les préfectures ont rempli dans les 15 premières minutes les résultats des principales communes. D’une part pour servir de backup, d’autre part pour pallier la latence avant de recevoir les résultats du Ministère. Ces résultats étaient écrasés par ceux de la préfecture, eux-mêmes écrasés par ceux du Ministère.

Pour les élections législatives, nous avons ajouté à cela une fiche d’informations pour chaque candidat. Ces fiches étaient alimentées une nouvelle fois par des spreadsheets Google remplis par les journalistes du groupe. Un travail fastidieux mais que nous avons été les seuls (il me semble) à réaliser -- avec à la clé un bon retour d’audience.

legislatives

Nous n’avons pas révolutionné la manière de traiter les résultats d’élections mais nous avons essayé de proposer la solution la plus pertinente et surtout la plus adaptée à une consultation sur tous les supports. Cependant c’est un moment durant lequel nous avons réussi à mobiliser bon nombre de journalistes sur un même objectif avec une réel esprit collaboratif notamment via l’utilisation des spreadsheets partagés.

Illustration : scène du film War Games (John Badham, 1983)